Posté le 19 Septembre 2017

Des scientifiques de l'University of Louisville ont trouvé de nouveaux indices pour expliquer la persistance de P. gingivalis

LOUISVILLE, Kentucky - Une découverte scientifique réalisée à l'University of Louisville dévoile le mécanisme de P. gingivalis, bactérie responsable de la maladie parodontale, qui lui permet de saboter le système immunitaire et de causer l'inflammation, dans le but de garantir sa propre survie.

L'annonce de la découverte réalisée par le chercheur George Hajishengallis et son équipe de la School of Dentistry de l'University of Louisville a paru dans l'édition du 16 février de la revue Science Signaling. La découverte pourrait avoir une incidence sur le traitement de la maladie parodontale, une infection qui entraîne la détérioration des gencives et des os et cause la perte des dents. On croit également que P. gingivalis joue un rôle clans les maladies cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux et d'autres problèmes de santé graves.

Les chercheurs de l'University of Louisville ont compris comment P. gingivalis pirate un complément, C5, lié à la communication avec des récepteurs de type Toll (TLR). Habituellement, les TLR signalent aux leucocytes la présence d'une bactérie et, par la suite, stimulent ces derniers pour qu'ils éliminent l'agent pathogène. En outre, sous sa forme active, C5 fonctionne habituellement comme une arme au service de l'hôte, en recrutant des leucocytes qui détruisent les bactéries. Quand P. gingivalis met en branle son mécanisme de piratage, il attaque les molécules C5 et génère sélectivement des molécules C5a agissant sur les leucocytes grâce à un processus trompeur qui permet la communication entre les récepteurs de C5a et les TLR2. La capacité des cellules à éliminer le pathogène oral est alors altérée. 

P. gingivalis est très raffinée dans sa façon d'activer les fonctions des leucocytes qui lui viennent en aide et d'en entraver les fonctions qui lui nuisent, déclare M. Hajishengallis. Il s'agit du premier signalement d'un pathogène capable d'établir et d'exploiter de manière proactive un système de communication qui unit un complément et des récepteurs de type Toll, au lieu de saper le système de chacun de manière indépendante. Cela revient à infiltrer les lignes de communication de l'ennemi.

Les expériences menées en laboratoire confirment que le fait de bloquer les récepteurs de C5a réprime à la fois l'inflammation et la persistance de P. gingivalis. M. Hajishengallis et les membres de son équipe espèrent que ce mécanisme pourra s'appliquer chez l'humain et qu'il permettra de prévenir la maladie parodontale et possiblement d'autres maladies générales.

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